L\'Afrique peut!

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Néo-colonialisme, Neo-imperialisme, Impérialisme Noir

Dans les années 1960 Kwame Nkrumah disait que le néocolonialisme est le stade suprême de l’impérialisme. Cela dit après l’esclavage, le colonialisme, le néo-colonialisme était à son sens le stade de couronnement de la domination d’une race sur une autre, d’une civilisation sur une autre et d’un peuple sur un autre. Ainsi suite aux indépendances, on assiste à ce néo-colonialisme qui est en quelque sorte un impérialisme noir ou plus exactement un néo-impérialisme. Parce qu’à cette époque, ce ne sont plus les blancs ou colons qui nous imposent les dictatures, les régimes autoritaires, des dictatures clientélistes et prébendieres. Mais ce sont nos leaders qui usent de leur strapontin politique pour s’ériger en chef de famille et utilisé les ressources étatiques au profit de leur famille de leur clan et voir de leur village. Jusqu’à nos jours, cette pratique n’est pas bâclée. Car on a pu le constater en Tunisie avec le clan Trabelsi. C’est dire que dès les fondements de l’état postcolonial, les leaders africains n’ont pas rendu nos institutions fortes et n’ont pas valablement défendu les intérêts de leur peuple. Ils n’ont que défendu les leurs et les puissances, recherchant chacune son intérêt sur la scène internationale, en ont profité pour nous piller. Encore que le accords secrets de coopération étaient déjà signés.

Ainsi si nos leaders n’ont jamais défendu nos intérêts, ailleurs les leaders défendent les intérêts de leur peuple et c’est cela la politique. Il ne s’agit pas de se demander, quels honneurs le peuple me rendra et quelle chanson nouvelle sera produite par mes griots pour me louer et me célébrer à l’atterrissage de l’avion, mais est ce que les intérêts du peuple, qui m’a placé à ce siège, sont valablement défendus ? Alors parler du colonialisme ou du néo-colonialisme comme la domination de l’autre (race, civilisation) à mon avis c’est ne pas prendre les choses par soi même et les discours dans ce sens sont assez subjectifs. Ce qui nous mène à chercher des responsables ailleurs. Mais si on parle de néo-impérialisme comme l’impérialisme noir alors je suis d’accord et cela nous permet de faire une introspection, une auto-évaluation pour bien penser et théoriser les solutions futures partant de nous même.

Je nous invite à comparer la scène internationale à des relations entre deux acteurs sociaux A et B. Lorsque les deux sont ensembles, A ne donne jamais de mouchoir à B pour essuyer ses larmes ou ses pleurs parce que ce dernier a été colonisé ou dominé. Mais il utilise sa calculatrice et lorsque ses comptes sont bons alors, ce sont de bons amis et il est satisfait. Donc la scène internationale c’est une jungle où celui qui sait défendre ses intérêts gagne au détriment de ceux qui n’ont plus aucune légitimité populaire.

Pourquoi nous perdons toujours ? Nos leaders ne savent-ils pas faire les comptes ? Ou font-ils preuve de mauvaise gouvernance pour leurs intérêts familiaux et claniques ? Si nos terres ne sont pas utilisées, si nos tracteurs sont jetés en brousse, est-ce à cause du néo-colonialisme, pris pour la domination de l’occidental ? Si nos « président-fondateur » font 30 ans au pouvoir et qu’il y’a une « démocrature », est-ce à cause de ce néo-colonialisme ?

Non c’est plutôt le néo-impérialisme qui est l’impérialisme noir qui consiste en la domination du noir issu de la classe aisée sur le noir, cadet social. Ce qui rend davantage nos «Etats mous». Alors pour finir, je m’en vais dire que la réalité et le mal sont plus complexe que cela. Il y’a une structure, non pas politique, mais idéologique, psychologique qui est mise en place et qui continue de hanter le colonisé et le colonisateur d’hier . Dans un article sur la colonisation, j’essaierai de ressortir le fonctionnement de la société coloniale.

Mais avant d’y arriver, retenons avec cet ami Burundais que « Les Européens ne défendront pas les intérêts de nos peuples que nous et nos dirigeants ne défendons pas nous-mêmes.» Pour defataliser l’histoire, il faut défendre valablement nos intérêts et pour ce faire nous « devons réapprendre à croire en nous mêmes et sortir de l’immédiat pour inscrire nos problèmes dans la longue durée afin de maitriser l’avenir qui nous provoque.» Jean Marc Ela.

C’est un grand défi auquel nous sommes interpellés, nous jeunes Africains : utiliser l’histoire pour pleurer, détester l’autre et le placer au centre de tous nos problèmes et rien n’avance, l’Afrique périt ; utiliser l’Histoire pour déconstruire les structures et symboles coloniaux qui nous hantent encore et bâtir un nouvel état d’esprit, de nouvelles bases qui prennent en compte nos rapports vis-à-vis des autres.

Peu importe le temps que cela prendra, je nous invite à opter pour la seconde option qui nous appelle à proposer des solutions, à penser, à nous projeter dans le futur et à bousculer les certitudes établies pour inscrire notre action sur le long terme pour le bénéfice de la terre de nos ancêtres et des futures générations car l’homme de bien laisse un héritage aux enfants de ses enfants.

                                          TADAJEU KENFACK ULRICH



28/02/2012
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