L\'Afrique peut!

L\'Afrique peut!

Malgré les tracasseries, "je reste debout"!

J’avais décidé de ne plus rien dire au sujet de mon pays, rien de mauvais. J’avais décidé de vanter ce pays à la forme triangulaire et au sous-sol riche. Mais que faire quand je n’ai pas le choix.

 

Hier, je suis allé chercher les allumettes au quartier avec mon argent. Une fois chez le boutiquier, j’appris qu’il n’y a plus les allumettes sur le marché et que de ce fait ils vendent désormais la boîte à 50 FCFA. Déjà les étudiants n’ont pas d’argent dans ce pays mais pis encore, le prix des produits de première nécessité augmentent.

 

Autre anecdote : AES SONEL s’est résolu depuis quelques jours à nous faire revivre de manière publique les fêtes de noël en nous proposant un ancien style de coupure d’électricité que j’avais appelé les jeux de lumière. Vous voyez le style de coupure qui va et vient pendant au moins une heure de temps. Et à la fin au lieu de rester, elle part. Ce n’est pas tout.

 

Le prix de la bougie a augmenté de son côté en passant de 100fcfa à 125fcfa parfois même 150 FCFA. Que faire dans ce contexte ? En plus, l’étudiant doit faire des photocopies, des impressions pour être compétitif à son niveau.

 

On ne parle pas parce qu’on veut. Certains ne partent pas parce qu’ils veulent. On veut aussi pouvoir vanter notre patrie comme c’est le cas ailleurs. Dire qu’il fait bon vivre dans notre pays. Mais comment fera-t-il bon vivre si quelqu’un doit se servir de la bougie pour lire ses cours ? Fait-il bon vivre alors que le gars foire ses yeux ?  On veut dire au monde que c’est un pays bien en dehors de la paix qui est chanté chaque jour. On veut avoir la paix dans l’âme. Dormir dans la lumière et se lever dans la lumière. Pouvoir acheter ce dont on a besoin et être épanoui. Certains ont vécu dans ces conditions avant nous grâce au système et ils ne le rendent pas possible pour leurs enfants que nous sommes. Pourquoi ? J’ai la faiblesse de croire que c’est par cynisme. Sinon quel sens ont-ils de la vie qui serait un partage par excellence, un faire ensemble et un apprentissage ? Qu’ont-ils fait de ce que les structures ont si bien faits d’eux ? Ont-ils gardé un héritage pour nous autres, la prochaine génération ?

 

 L’écriture a, pour moi, une fonction cathartique car elle me permet de me libérer. Il faut crier parfois pour faire savoir que ça va mal. Mais quand on peut, il faut forcer le monde à venir au monde.

 

Je ne suis pas un afro pessimiste bien au contraire. Mais parfois quand je veux croire que les montagnes peuvent se renverser et que Sisyphe peut atteindre son objectif,  des faits patents me disent comme dans un cauchemar : « Réveilles-toi ! Réveilles-toi ! Tu dormais. »

 

Le discours aujourd’hui c’est celui de l’émergence. Beaucoup de gens veulent que nous y arrivions. Moi-même, je veux pouvoir participer. Les chemins prévus sont ambitieux. Mais dans cet esprit, je crains que le possible ne devienne impossible. Mais comme je l’ai toujours dit : « découragement n’est pas moi ! » Ces menaces, ces contraintes peuvent être transformées en opportunité pour notre bien et celui de ceux qui viendront après nous.

                            



05/07/2013
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