L\'Afrique peut!

L\'Afrique peut!

« J’écris pour crier et forcer le monde à venir au monde »

« Le temps des discours est révolu. Il faut agir ! » Ils sont nombreux, ces jeunes  qui, ayant perdu tout espoir en l’Afrique se refugient derrière cette formule. Selon eux, on parle trop, les africains bavardent beaucoup or il faut poser des actes. Pourquoi dans un tel contexte, j’ai décidé d’écrire ? J’ai décidé de partager avec le monde mes idées au sujet de l’Afrique et de ce monde ? Pourquoi écris-je si ça ne sert plus à rien ?

Crédit image: http://cwm-consulting.over-blog.com/

 

Ma passion pour l’écriture ne date pas d’hier et ne date pas de très longtemps non plus. Si on me disait, il y’a quelques années qu’un jour je devais écrire de la sorte, je n’allais pas croire. Mais, mes voyages, mon expérience de la vie, les espaces que j’ai découverts m’ont rendu amoureux de l’écriture mais une écriture non pas fortuite ; une écriture qui a un objectif : dénoncer le monde dans lequel on vit en partant de ma réalité et proposer un autre monde. Cette aventure a été motivée par les lectures que j’ai faites depuis le secondaire. Stimulée par mon entrée à l’Université il y’a quatre années et les rencontres sociales, professionnelles, culturelles et scientifiques que j’ai faites. Ma connaissance de l’Afrique s’est approfondie et j’ai décidé d’écrire à travers mon blog et bientôt à travers mes livres. Mais pourquoi j’écris ?

 

J’écris pour « crier » comme le dit Sony Labou Tansi. En effet, je me suis rendu compte que l’Afrique souffre de plusieurs problèmes dont le plus important est le problème identitaire. Il est difficile pour les Africains de se définir réellement.  Dénoncer les problèmes de l’Afrique, les problèmes du monde. Il y’a des problèmes en Afrique, on manque de nourriture, l’éducation est archaïque, la société bloquée, une politique antique et des jeunes qui n’agissent pas. Les intellectuels sont des griots qui font tout sauf ce qu’ils doivent faire. Dans un tel contexte, faut-il se taire ? Faut-il comme certains jeunes avouer son impuissance et se cacher derrière le « on va faire comment ? » familial ? Je ne pense pas. Il faut, à sa manière, mettre une pierre à l’édifice selon l’art qu’on maitrise le mieux. Cet art, pour moi, c’est l’écriture. D’autres crieront à travers la peinture, à travers la musique, à travers la poésie et que sais-je encore ? L’essentiel étant que, de leur position, ils donnent leur vision des problèmes du continent. C’est un moyen de communication très important et ça ne limite pas mes frontières. Je ne me limite pas seulement comme certains jeunes africains à crier car ce serai une sorte de critique maléfique.

 

J’annonce aussi la « bonne nouvelle », celle de la liberté et de la prospérité pour ces hommes et femmes d’Afrique et du monde. Sony Labou Tansi parle de « forcer le monde à venir au monde ». Parce que pour lui, ce monde manque d’un élément essentiel : l’Humanité matérialisée par des valeurs qui mettent l’Homme au centre de tout acte. Je me demande souvent dans mes méditations : à quoi sers-je si je dénonce sans annoncer ? La fonction de l’Homme de bien, la fonction de celui qui veut faire avancer les choses c’est aussi de dire « parce » sans toujours se cantonner à « pourquoi ». J’écris pour vivre, j’écris pour partager ma vie avec les autres. J’écris pour proposer des solutions. J’écris pour résoudre des problèmes. Dans cette vie, il y’a le savoir, dans ce savoir, il y’a la liberté et je partage cette liberté avec le monde. L’écriture a pour moi une fonction prophétique. Ça peut être par mon expérience, ça peut être par les livres que j’ai lu, ça peut être par des évènements porteur pour l’Afrique auxquels j’ai eu à participer et qui, à mon avis, sont  à encourager.

 

A quoi bon vivre dans un monde où on observe tant de bestialité et de fermer sa bouche ? Nombreux sont ceux qui ont perdu l’espoir en Afrique. Ils ont raison. Il est difficile de croire, d’espérer quand tout concourt à ne pas donner espoir. J’écris pour donner cet espoir perdu, ce socle de la vie. Aucune vie n’est possible sans espoir. Si je peux toucher un maximum de personnes à travers mon blog, pourquoi ne pas partager avec eux la vie afin qu’ils gagnent en espoir.

 

C’est une immense joie pour moi d’écrire pour crier, pour dénoncer, pour dire ce qui ne va pas. Mais c’est davantage une joie parce que j’essaie à mon niveau de faire venir le monde au monde. L’une des valeurs cardinales est le partage. Partager tout ce que je sais et qui peux être profitable pour le progrès de l’Humanité. Chercher et partager le fruit de mes recherches. Car, l’Afrique meurt par ignorance. L’Afrique meurt parce qu’on lui a dit pendant longtemps que le discours ne servait à rien or pour agir, il faut savoir qu’on doit agir et on apprend par ce qu’on dit et ce qu’on inscrit par la ruse ou la force dans notre « psychè ».  Je finirai ce billet en faisant mienne cette grande devise du groupe de chercheurs de l’Université de Dschang qui font paraitre chaque année la revue Intel’Actuel : « cogito ergo prosum » c’est-à-dire « je pense donc j’agis ». J’écris pour agir après avoir pensé. Agir en dénonçant et en proposant.

 

Le titre de ce billet est inspiré d'une phrase de Soni Labou Tansi.

 



14/12/2012
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