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Jeux universitaires Ngaoundéré 2013 : 3 détails qui ont retenu mon attention

Dans ce billet, je reviens sur l’hégémonie de l’INJS aux jeux universitaires, la lutte hégémonique entre l’IUGG et l’Université de Douala dans la capitale économique et les perspectives culturelles et sociales qu’offrent les jeux universitaires.


Quelques précisions sur les jeux universitaires

Les jeux universitaires sont une grande compétition sportive qui se tient chaque année dans une université camerounaise. Elle oppose les différentes universités d’Etat ainsi que certaines institutions supérieures publiques et privées. Inaugurés en 1997, ces jeux voient chaque année l’ajout de nouveaux participants. Lors de ces jeux, les athlètes des universités s’affrontent dans les disciplines collectives et individuelles. Les sports collectifs mixtes c’est-à-dire messieurs et dames sont le football, le hand Ball, le volley ball, le basket ball; les sports individuels à double variance messieurs et dames aussi sont notamment le tennis, le tennis de table, l’athlétisme, le Judo, la lutte …). A la fin, chaque équipe est classée selon le nombre de médailles qu’elle a engrangées. Il en existe trois types : la médaille en or. Dans une discipline donnée, elle est décernée à l’équipe qui remporte la finale ; la médaille en argent est décernée à la seconde équipe, celle qui perd la finale ou qui se classe deuxième et enfin la médaille en bronze obtenue par l’équipe qui, ayant perdu la demi finale, a remporté le match de « classement » entre les deux perdants de la demi-finale.

parade sportive à l'ouverture des jeux universitaires


Depuis quelques années, le fan’s club a fait son entrée dans la compétition et, désormais, les organisateurs décernent un trophée de meilleur fan’s club à la fin de la compétition. L’autre trophée qui est décerné à la fin de la compétition c’est celui du fair play. Comme son nom l’indique ainsi que la tradition olympique, il s’agit de récompenser l’université qui aura le plus fait preuve de fair-play dans ses prestations. Ces deux trophées n’ont pas d’impact sur le classement général des universités. Rappelons au sujet de ce classement que la première Université c’est celle qui a obtenu le plus grand nombre de médailles en or dans les différentes disciplines ainsi de suites pour la deuxième, troisième… S’il y’a un même nombre de médailles en or, c’est le nombre de médailles en argent qui départagera les universités. Si c’est aussi le cas à ce niveau alors le nombre de médailles en bronze sera l’arbitre.

 

L’INJS doit disparaitre pour qui vive le sport universitaire

Depuis déjà quatre années, l’Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS) occupe la première place sans partage et sans inquiétude. Chaque année, les autres universités se croient capables de l’affronter mais une fois au champ de bataille c’est une autre réalité. Les athlètes de l’INJS deviennent les propriétaires de « tous les dossiers ». Des sports collectifs aux sports individuels, ils sont présents. Les chiffres de leur évolution depuis trois ans sont assez éloquents. En 2011, à l’Université de Dschang, l’INJS a occupé la 1ère place avec 19 médailles en or et 19 en argent suivi de l’Université de Yaoundé 2 qui avait obtenu 12 médailles en or et 06 en argent. Mais la seconde université avec le plus grand nombre de médailles en argent c’était l’université de Douala qui se classait 3ème au classement général avec 11 médailles en or et 13 en argent. En 2012 à Buéa, l’INJS est rentrée avec une cagnotte de 17 médailles en or et 16 en argent suivi de l’Université de Yaoundé 2 une fois de plus. Cette université avait obtenu 12 médailles en or et 10 en argent. Cette année, à la 16ème édition en Ngaoundéré, l’INJS a continué dans sa lancée en remportant dans sa gibecière 20 médailles en or suivi de l’Université de Yaoundé 1 qui a obtenu 12 médailles en or comme sa voisine et prédécesseur de Yaoundé 2 les deux années antérieures. A la lumière de ces faits, il est clair que, malgré les efforts de certaines institutions, les jeux universitaires sont la propriété d’une ville voire d’une institution : la ville c’est Yaoundé et l’institution c’est l’INJS. L’écart entre le premier et le deuxième oscille toujours entre 06 et 09 médailles en or. Ensuite, l’écart entre le deuxième et le troisième n’est parfois pas significatif. C’est de l’ordre de 02 ou de 01 médaille. On comprend ainsi que l’INJS qui est spécialisée dans la production des sportifs et des encadreurs techniques et culturels n’a plus sa place dans les jeux universitaires. Il doit aller à la conquête d’autres trophées sur la scène continentale voire internationale et produire des encadreurs techniques de bonne facture pour nos différentes équipes nationales. Par ailleurs, leur stratégie d’attraction des meilleurs éléments des équipes universitaires fait d’eux les seuls concurrents à leur titre. La majorité des meilleurs sportifs des universités finissent par devenir des athlètes de l’INJS. C’est la raison pour laquelle il serait judicieux pour la vie de cette compétition de faire disparaitre l’institution dirigée par le Dr Daniel Ngoa Nguélé des jeux universitaires. Mais l’INJS n’est pas la seule institution qui a retenu notre attention en ces 16ème universiades sportives. Il y’a en outre l’institut universitaire du golfe de Guinée et l’Université de Douala.

 

L’IUGG dame le pion à l’Université de Douala dans la capitale économique

L’autre fait marquant de cette édition des jeux universitaires aura certainement été la lutte qui s’est joué dans la ville de Douala entre l’Université de Douala et sa sœur l’institut universitaire du golfe de guinée (IUGG) et ex Ecole supérieure de gestion (ESG). Les trois dernières éditions des jeux universitaires nous invitent à constater les faits suivants. En 2011, lors des jeux de la catapulte vers l’émergence à Dschang, l’université de Douala était classée 3ème avec 11 médailles en or suivie par l’école supérieure de Gestion (actuelle IUGG) qui engrangeait 8 médailles en or. L’année suivante à Buéa, le coude à coude était toujours effectif même si on pouvait observer une nette progression de l’IUGG par rapport à l’Université de Douala en ce qui concerne le nombre de médailles en or obtenues. L’université de Douala s’était alors classée 4ème avec 9 médailles en or c’est-à-dire 2 médailles de moins que l’année précédente. L’IUGG occupait la 5ème place avec cette fois 9 médailles en or soit 1 médaille de plus que l’année précédente. Les spécialistes de la compétition pouvaient observer progressivement un passage de commandement dans cette ville. La confirmation est venue cette année 2013 aux jeux de Ngaoundéré. Alors que l’IUGG a occupé pendant plus de la moitié de la compétition la seconde place avant de la perdre au profit de l’université de Yaoundé 1 pour la 3ème place, l’université de Douala n’a jamais inquiété et s’en est sortie avec 3 médailles en or occupant la 7ème place au classement final. Ces deux caïmans dans le marigot Douala ne cessent de s’affronter. Progressivement, l’Université de Douala perd son leadership au profit de cette institution supérieure. Peut-être que les jeux de Douala en 2014 permettront à l’Université de réaffirmer son hégémonie dans le marigot. Même s’ils ne permettent, ils seront certainement comme cette année une grande rencontre de jeunes camerounais d’horizons divers autour des valeurs nationales et olympiques.

 

Une occasion de briser les frontières mentales imposées par le tribalisme

Activités recréatives entre les athlètes venus d'horizons divers.


Au-delà de la compétition sportive, des querelles au sujet de la participation ou non de l’INJS, les jeux universitaires restent une grande fête du sport, une grande fête de la jeunesse estudiantine camerounaise. C’est une occasion pour ces jeunes de briser les frontières mentales qui leurs sont souvent imposées par certains lieux de socialisation à l’instar de la famille. Ce sont des milliers d’athlètes qui se rencontrent venant d’horizons divers et ayant le gout de l’aventure. Des valeurs telles que la convivialité, la fraternité et la solidarité sont expérimentées au quotidien. Les différents mets dégustés, les modes de vie découverts qui se mettent en contact et font sens dans un brassage inestimable sont à saluer, à encourager et peut-être à réinventer dans la perspective des besoins de notre nation. Bref, la manière de faire et de dire le monde dans ce nouvel espace œcuménique, la manière de faire commun sont à saluer et sont pour ma part l’un des avantages des jeux universitaires dans un pays très divers.  Comme ces jeunes étudiants ensembles pendant une semaine, disons non au tribalisme, vivons avec l’autre et respectons son altérité. Aimons le pour sa camerounité et voire son humanité.

#NOTRIBALISM but #YESCAMEROON.



05/05/2013
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